La victoire des enfants métis : une décision historique pour la reconnaissance du passé colonial

Le 2 décembre dernier, la justice belge a marqué un tournant majeur en reconnaissant l’Etat belge coupable de crimes contre l’humanité pour les traitements infligés aux enfants métis sous le régime colonialCinq femmes métisses, nées d’une mère noire et d’un père blanc dans l’ancien Congo belge (aujourd’hui République démocratique du Congo), ont remporté un procès en appel contre l’Etat belge.

Simone Ngalula, Monique Bitu Bingi, Léa Tavares Mujinga, Noelle Verbeeken et Marie-José Loshi dénonçaient des actes inhumains, dont leur enlèvement forcé à leurs mères, leur placement dans des institutions religieuses, au sein d’un système de ségrégation raciale, et leur abandon à leur sort au moment de l’indépendance du pays.

Les plaignantes avaient été déboutées en 2021, mais elles ont fait appel avec le soutien d’une équipe d’avocats et de militants des droits humains. L’arrêt rendu récemment par la Cour d’appel de Bruxelles a jugé ces pratiques constitutives de crimes contre l’humanité : « Elles ont été enlevées à leur mère respective sans l’accord de celle-ci, avant l’âge de sept ans, par l’Etat belge en exécution d’un plan de recherche et d’enlèvement systématique des enfats nés d’une mère noire et d’un père blanc, élevés par leur mère au Congo belge, uniquement en raison de leurs origines. »

Les cinq femmes recevront 50 000 euros à titre d’indemnisation, un montant symbolique au regard des préjudices qu’elles ont subis. La décision de la Cour d’appel ne se limite pas à une reconnaissance individuelle pour les cinq plaignantes. Celle-ci établit un précédent important en Belgique et en Europe en matière de responsabilité des Etats dans les crimes coloniaux et de lutte contre l’impunité.

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