RDC : l’avancée du M23 fragilise les civil·e·s et alimente les violences sexuelles, dont 90 % des victimes sont des femmes et des filles

La crise sécuritaire et humanitaire en République démocratique du Congo (RDC) continue de s’aggraver, avec l’intensification du conflit dans l’est du pays et la multiplication des déplacé·e·s. Au Nord-Kivu, le groupe armé M23 a pris le contrôle de Nyabiondo et menace désormais Walikale, un carrefour stratégique sur la Route nationale 3. Dans le Sud-Kivu, malgré un léger repli près de Kamanyola, le M23 progresse dans la zone minière de Walungu et pourrait s’emparer de Kamituga, riche en or.

Ces affrontements provoquent un exode massif  : depuis le 5 mars, environ 85 000 personnes ont fui l’est de la RDC pour se réfugier dans les pays voisins, selon le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés. Les structures d’accueil y sont saturées, et des milliers de femmes et d’enfants se retrouvent aujourd’hui sans abri ni accès suffisant à l’eau et aux soins.

Parallèlement, dans la province du Tanganyika et d’autres zones proches de Goma, la propagation du choléra s’intensifie, aggravée par le manque d’infrastructures sanitaires et l’accès limité à l’eau potable.

Le conflit demeure particulièrement violent à l’égard des femmes et des filles, qui représentent 90 % des victimes de violences sexuelles liées à la guerre. Les groupes armés, mais aussi certaines forces régulières, recourent systématiquement à ces exactions pour terroriser les communautés, perpétuant un climat d’impunité. Le Comité des Nations Unies pour l’élimination de la discrimination à l’égard des femmes demande instamment aux autorités congolaises et à la communauté internationale de renforcer les mécanismes de protection et de poursuite judiciaire contre les auteurs de ces crimes, considérés comme des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité.

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