Le 29 décembre 2024, les autorités talibanes ont franchi un nouveau cap dans la répression des droits des femmes en Afghanistan. Le ministère de l’Économie a ordonné à toutes les ONG, nationales et internationales, de cesser d’employer des femmes afghanes sous peine de voir leur licence révoquée. Ce décret, initialement promulgué fin 2022, mais largement contourné grâce à des exemptions, est désormais imposé sans compromis.
Cette décision a suscité une condamnation internationale unanime. L’ONU a exprimé sa « profonde inquiétude » face à ce décret, alors que plus de la moitié de la population afghane dépend de l’aide humanitaire. En excluant les femmes de la vie publique et professionnelle, les talibans entravent directement la capacité des ONG à fournir des services vitaux.
En effet, les femmes humanitaires jouent un rôle clé pour accéder aux segments les plus vulnérables de la population, notamment les femmes, les enfants et les personnes en situation de handicap. Selon Catherine Russell, directrice générale de l’UNICEF, « cette décision met en péril la vie de nombreux enfants et aggrave la catastrophe humanitaire en cours ».
Ce décret s’inscrit dans une série de restrictions imposées par les talibans depuis leur retour au pouvoir en 2021. L’interdiction pour les femmes d’accéder à l’éducation secondaire et supérieure, combinée à des lois dites de « promotion de la vertu », vise à effacer leur présence dans la vie publique.
L’ONU et de nombreuses ONG estiment que ces mesures réduisent la moitié de la population afghane au silence, détruisant tout espoir de stabilité et de relèvement pour le pays.
La communauté internationale appelle les autorités talibanes à revenir sur cette décision and rétablir les droits des femmes, essentiels à une société juste et fonctionnelle. Sans les contributions des femmes, aucun progrès durable, politique, économique ou social ne semble envisageable pour l’Afghanistan.

